La réforme du PER votée dans la loi de finances pour 2026 change deux règles importantes pour les épargnants. D’une part, les plafonds de déduction non utilisés se reportent désormais sur 5 ans au lieu de 3. D’autre part, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. La fin d’année approche, et beaucoup de foyers de Blagnac et de Toulouse font alors leurs versements. Voici donc ce qui change réellement, ce qui ne change pas, et un exemple chiffré pour un couple avec un enfant étudiant.
Réforme du PER : ce que prévoit la loi de finances pour 2026
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a modifié l’article 163 quatervicies du Code général des impôts. Cet article fixe les règles de déduction des versements sur un plan d’épargne retraite (PER).
- Report allongé : vous pouvez reporter la part du plafond non utilisée une année sur les 5 années suivantes (contre 3 auparavant).
- Limite d’âge : à partir de 70 ans, vous ne pouvez plus déduire vos versements de votre revenu imposable.
- Ce qui ne change pas : le plafond annuel reste égal à 10 % de vos revenus d’activité professionnelle de l’année précédente, avec un minimum et un maximum. De plus, les couples mariés ou pacsés peuvent toujours mutualiser leurs plafonds.
Peut-on vraiment récupérer les plafonds des 5 dernières années ?
C’est le point qui prête le plus à confusion. Non, la réforme n’est pas rétroactive. Le report sur 5 ans ne vaut que pour les plafonds nés à partir de 2026. Les reliquats des années précédentes restent soumis à l’ancien délai de 3 ans.
Concrètement, selon Service-Public :
- pour vos versements de 2026, vous pouvez utiliser votre plafond de l’année plus les plafonds non utilisés des trois années précédentes. Consommez le reliquat le plus ancien avant le 31 décembre 2026 : à défaut, vous le perdez ;
- la part non utilisée du plafond 2024 reste mobilisable jusqu’en 2027, celle du plafond 2025 jusqu’en 2028 ;
- enfin, vous pourrez reporter le plafond 2026 non utilisé sur 2027 à 2031.
La réforme n’atteindra donc son plein effet qu’en 2031 : vous pourrez alors cumuler le plafond de l’année et cinq années de reliquats. D’ici là, la règle pratique reste la même : utilisez d’abord les reliquats qui arrivent à expiration.
Plafond PER 2026 : comment le calculer et où le trouver
Pour un salarié, le plafond des versements de 2026 est égal à 10 % des revenus d’activité nets de 2025 (après abattement de 10 % ou frais réels). Il comporte aussi :
- un minimum de 4 710 €, y compris si vous n’avez pas de revenus professionnels ;
- un maximum de 37 680 €.
Par ailleurs, certains versements déjà effectués pour votre retraite réduisent ce plafond. C’est le cas, par exemple, de l’abondement de l’employeur sur un PER d’entreprise ou des cotisations à un régime de retraite supplémentaire obligatoire.
Où le trouver ? Inutile de le calculer vous-même. En effet, votre avis d’impôt 2026 (sur les revenus 2025) indique le plafond personnalisé de chaque membre du foyer, reliquats compris, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Vous le retrouvez aussi dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Pour estimer votre propre économie, utilisez notre simulateur d’impôt et d’économie PER.
Exemple : un couple avec un enfant étudiant de 20 ans
Prenons un couple marié de la région toulousaine aux revenus moyens : Paul et Claire, tous deux salariés. Leur fille Léa, 20 ans, est étudiante et rattachée à leur foyer fiscal.
La situation du foyer
- Revenu net imposable du foyer : 60 000 € (Paul 36 000 €, Claire 24 000 €, après abattement de 10 %).
- Nombre de parts : 2,5 (2 parts pour le couple + 0,5 part pour Léa). Un enfant majeur de moins de 21 ans, ou de moins de 25 ans s’il poursuit ses études, peut demander son rattachement au foyer de ses parents.
- Plafond PER de l’année : 10 % des revenus professionnels donnerait 3 600 € pour Paul et 2 400 € pour Claire ; c’est donc le minimum de 4 710 € qui s’applique à chacun.
- Plafonds indiqués sur l’avis d’impôt 2026, reliquats des trois années précédentes compris (montants illustratifs) : 17 800 € chacun. Ni l’un ni l’autre n’a versé sur un PER ces dernières années.
Le versement
Avant le 31 décembre 2026, Paul verse 10 000 € sur son PER. Grâce aux reliquats, ce montant tient dans son propre plafond (17 800 €). Si le couple souhaitait verser davantage sur le seul PER de Paul, il pourrait aussi mutualiser ses plafonds en cochant la case prévue sur la déclaration.
Le résultat sur la déclaration de 2027
Voici le calcul, à titre d’illustration, avec le barème actuellement en vigueur (revenus 2025) et en supposant des revenus 2026 identiques :
| Sans versement PER | Avec 10 000 € versés | |
|---|---|---|
| Revenu net imposable | 60 000 € | 50 000 € |
| Nombre de parts | 2,5 | 2,5 |
| Tranche marginale d’imposition | 11 % | 11 % |
| Décote | non | oui |
| Impôt sur le revenu estimé | 3 410 € | 1 872 € |
| Économie d’impôt | – | 1 538 € |
L’économie atteint donc environ 15 % du versement, un peu plus que la tranche de 11 %. En effet, le versement fait baisser l’impôt sous le seuil de 3 277 € et déclenche ainsi la décote, qui réduit encore l’impôt. Quant à la demi-part de Léa, elle réduit l’impôt du foyer d’environ 798 €.
À titre de comparaison, si Paul s’était limité à son seul plafond de l’année (4 710 €), l’économie aurait été de 693 €. Les reliquats permettent ici de plus que doubler l’effet fiscal.
Les versements se déclarent dans la rubrique « Épargne retraite » des charges déductibles : case 6NS pour le premier déclarant, 6NT pour le second. Pour la mutualisation, cochez la case 6QR.
Le PER est-il intéressant pour ce foyer ?
Avec une tranche marginale de 11 %, l’avantage fiscal à l’entrée est réel mais modéré. Il faut donc le comparer à l’imposition à la sortie. Si le couple reste dans la même tranche à la retraite, le gain sera limité, alors que l’épargne sera restée bloquée. Pour ce type de foyer, le PER se justifie surtout dans trois cas : un objectif retraite clair, des revenus appelés à augmenter, ou un complément à d’autres solutions (assurance vie, épargne disponible pour les études de Léa). C’est précisément ce que doit analyser un bilan personnalisé.
Le barème qui s’appliquera aux revenus 2026 dépend du projet de loi de finances pour 2027, en cours de discussion au Parlement. Les montants ci-dessus sont des estimations, non un engagement.
Les points de vigilance avant de verser sur un PER
- Une économie d’impôt différée : l’impôt s’applique à la sortie sur les versements déduits à l’entrée. Ainsi, pour un capital retiré à la retraite, la part qui correspond aux versements supporte l’impôt sur le revenu, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire.
- Une épargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, accidents de la vie).
- Un risque de perte en capital sur les supports en unités de compte, dont la valeur fluctue à la hausse comme à la baisse.
- L’intérêt dépend de votre tranche marginale aujourd’hui et de celle que vous aurez à la retraite.
- Après 70 ans, les nouveaux versements ne sont plus déductibles.
Questions fréquentes
Puis-je utiliser cette année les plafonds non utilisés depuis 2021 ?
Non. Pour vos versements de 2026, seuls les reliquats des trois années précédentes sont mobilisables. Le report sur 5 ans s’applique aux plafonds nés à partir de 2026.
Mon enfant étudiant rattaché change-t-il mon plafond PER ?
Non. Le plafond dépend des revenus professionnels de chaque déclarant. En revanche, le rattachement de l’enfant agit sur le nombre de parts et donc sur l’impôt. Il peut ainsi modifier votre tranche marginale et l’intérêt du versement.
Jusqu’à quand verser pour une déduction sur les revenus 2026 ?
L’assureur ou la banque doit encaisser le versement au plus tard le 31 décembre 2026. Prévoyez donc une marge, car les délais de traitement peuvent atteindre plusieurs jours.
💬 L’avis du conseiller – Frédéric Fernandez
« Ce que mes clients découvrent souvent trop tard, c’est la baisse brutale de leurs revenus au moment du départ à la retraite. En rendez-vous, j’entends régulièrement : “Ah, si j’avais su plus tôt” ou “J’aurais dû vous écouter et mettre les choses en place bien avant”.
Une question revient sans cesse : “Aujourd’hui, j’ai 100 % de mes revenus et peu de temps libre avec mon activité. Demain, j’aurai 100 % de temps libre… et peut-être la moitié de mes revenus en moins. Comment l’éviter ?”
Ma réponse est toujours la même : mesurer l’écart le plus tôt possible, grâce à un bilan retraite, puis le combler progressivement. Plus on s’y prend tôt, plus l’effort mensuel est léger. »
Faites le point sur vos plafonds avec Ovalie Consulting
Chaque situation est différente : revenus, composition du foyer, horizon de retraite, épargne déjà constituée. C’est pourquoi votre conseiller Ovalie Consulting, à Blagnac, analyse vos avis d’impôt et calcule l’économie réelle. Il vérifie aussi que le PER est adapté à vos objectifs avant tout versement.
Prenez rendez-vous pour une étude de votre situation ou demandez votre étude PER gratuite.
Source officielle : Service-Public – Cotisations d’épargne retraite (déduction).
À propos de l’auteur
Président d’Ovalie Consulting à Blagnac. En activité dans le conseil patrimonial depuis 1984, il accompagne particuliers, chefs d’entreprise et retraités de Toulouse et de la Haute-Garonne sur la retraite, la fiscalité, les placements et la transmission.
Statuts actuels du cabinet : Conseiller en Investissements Financiers membre de l’ANACOFI-CIF · courtier en assurance · ORIAS n° 12068927 · partenaire agréé par l’Airbus Seniors Club
Article à caractère informatif, ne constituant pas un conseil personnalisé. Ovalie Consulting – Conseiller en Investissements Financiers, ORIAS n° 12068927.

