100 % de temps libre, mais combien de revenus ? Éviter la chute de revenus à la retraite

Anticiper la chute de revenus à la retraite

La chute de revenus à la retraite est la première inquiétude des personnes que nous recevons à Blagnac. La question revient presque mot pour mot : « Aujourd’hui, j’ai 100 % de mes revenus et peu de temps libre. Demain, j’aurai 100 % de temps libre… et peut-être la moitié de mes revenus en moins. Comment l’éviter ? » Bonne nouvelle : cet écart se mesure, et il se prépare. Voici donc comment l’estimer, puis comment le réduire progressivement.

Le taux de remplacement : mesurer la chute de revenus à la retraite

Le taux de remplacement compare votre première pension de retraite à vos derniers revenus d’activité. Par exemple, avec un taux de 60 %, un salaire net de 3 000 € par mois devient une pension d’environ 1 800 €. C’est donc l’indicateur le plus simple pour visualiser la baisse de revenus.

Ce taux varie toutefois fortement selon le parcours. Voici quelques repères issus de l’avis 2025 du Comité de suivi des retraites, l’organisme officiel qui évalue le système :

  • Salarié non-cadre du privé (carrière complète, générations 1963 à 1973) : le taux de remplacement net resterait supérieur aux deux tiers du dernier salaire.
  • Salarié ayant fait toute sa carrière au Smic (génération 1963) : un taux net estimé autour de 82 %.
  • Fonctionnaire de catégorie B : un taux net de l’ordre de 65 % si la part des primes reste stable. En revanche, ce taux pourrait nettement baisser si les primes augmentent, car la pension les intègre peu.

Pour les cadres, la baisse est généralement plus marquée. En effet, la retraite de base retient le salaire seulement dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Au-delà, seule la retraite complémentaire Agirc-Arrco couvre la part supérieure. Ainsi, plus la rémunération est élevée, plus l’écart tend à se creuser.

Pour les indépendants, le résultat dépend surtout des revenus déclarés et des cotisations versées au fil de la carrière. Il faut donc le calculer au cas par cas.

Attention, ces chiffres sont des moyennes sur des carrières types. Votre propre taux peut être très différent. Par exemple, une carrière incomplète, des années à l’étranger, un temps partiel, des primes importantes ou un changement de statut modifient sensiblement le résultat.

Estimer sa future pension : les outils officiels

Avant toute décision, il faut d’abord partir de données fiables. La loi prévoit un droit à l’information retraite gratuit (article L. 161-17 du Code de la sécurité sociale) :

  • Mon compte retraite, sur info-retraite.fr : il regroupe tous vos régimes. Vous pouvez y consulter votre relevé de carrière, en demander la correction à partir de 55 ans et estimer le montant de votre pension.
  • Le relevé de situation individuelle : il récapitule vos droits dans l’ensemble des régimes obligatoires. Vérifiez-le attentivement, car une période manquante (emploi d’été, service militaire, chômage, maternité) peut réduire votre pension.
  • L’estimation indicative globale : votre caisse vous l’envoie automatiquement à partir d’un certain âge. Elle chiffre la pension à laquelle vos droits vous donneraient accès.
  • L’entretien information retraite : dès 45 ans, vous pouvez demander un entretien à votre caisse. Celle-ci vous remet alors des simulations de pension selon votre âge de départ.

Ces outils donnent la pension brute ou nette avant impôt. Pensez donc aussi à raisonner après prélèvements sociaux et impôt sur le revenu. Intégrez également vos charges futures : crédit immobilier soldé ou non, aide aux enfants, santé, loisirs.

Exemple chiffré : combien manque-t-il chaque mois ?

Exemple purement illustratif, ne correspondant à aucun client réel.

Prenons une personne de 45 ans, salariée près de Toulouse, avec un revenu net de 3 500 € par mois. Selon son estimation officielle, sa pension nette atteindrait environ 2 100 € par mois. Son taux de remplacement serait donc de 60 %.

  • Écart mensuel : 3 500 € − 2 100 € = 1 400 € par mois, soit 16 800 € par an.
  • Supposons qu’elle puisse vivre confortablement avec 2 800 € par mois, car certaines dépenses baissent à la retraite. Dans ce cas, le besoin à couvrir n’est plus que de 700 € par mois, soit 8 400 € par an.
  • En épargnant 300 € par mois pendant 20 ans, elle aura versé 72 000 €, hors éventuels gains ou pertes. À titre de comparaison, combler 700 € par mois pendant 25 ans de retraite représente 210 000 € avant toute revalorisation.

Cet exemple montre deux choses. D’abord, il faut définir le revenu cible réellement souhaité. Ensuite, il faut combiner plusieurs leviers. Enfin, plus vous commencez tôt, plus vous pouvez répartir l’effort dans le temps.

Les leviers pour éviter la chute de revenus, et leurs risques

Le bilan retraite

C’est le point de départ. Il s’agit de reconstituer votre carrière, de vérifier vos trimestres et de simuler plusieurs âges de départ. Vous chiffrez ainsi l’écart entre revenu actuel et revenu futur. Notre bilan retraite suit cette démarche.

Le rachat de trimestres

Il permet de faire valider des années d’études supérieures ou des années incomplètes. La limite totale est de douze trimestres pour le régime général (article L. 351-14-1 du Code de la sécurité sociale). Cependant, son coût peut être élevé : comparez-le au gain réel de pension et à la durée probable de versement.

Le plan d’épargne retraite (PER)

Les versements volontaires sont en principe déductibles du revenu imposable. Le plafond est égal à 10 % des revenus professionnels, retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (ou 10 % de ce plafond si ce montant est plus élevé). De plus, les plafonds non utilisés sont reportables sur les cinq années suivantes (article 163 quatervicies du CGI).

En contrepartie, l’épargne reste en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. Par ailleurs, la sortie est imposable. Une étude PER gratuite permet de vérifier si ce levier est adapté à votre fiscalité.

L’assurance vie

Plus souple, elle permet de constituer un capital disponible et de programmer des retraits complémentaires. En revanche, les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. De plus, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

L’immobilier

Un bien locatif ou des parts de SCPI peuvent générer des revenus réguliers. Toutefois, ces revenus ne sont pas garantis (vacance locative, travaux, baisse des loyers). La valeur peut aussi baisser, et la revente peut prendre du temps. Enfin, rembourser un crédit avant la retraite reste aussi un moyen de réduire ses charges.

L’épargne régulière

Quel que soit le support, des versements programmés chaque mois lissent l’effort et le point d’entrée sur les marchés. Par ailleurs, la diversification entre plusieurs enveloppes limite la dépendance à un seul risque.

💬 L’avis du conseiller – Frédéric Fernandez

« Depuis des années, j’entends la même question : “Aujourd’hui j’ai 100 % de mes revenus et moins de temps libre ; demain j’aurai 100 % de temps libre et 50 % de revenus en moins : comment l’éviter ?” Et trop souvent, la baisse brutale des revenus est découverte au moment de partir. Les phrases que j’entends alors sont toujours les mêmes : “Ah, si j’avais su plus tôt”, ou “J’aurais dû vous écouter et mettre en place bien avant”. Ma réponse est simple : mesurer l’écart le plus tôt possible grâce à un bilan retraite, puis le combler progressivement, à votre rythme. »

Questions fréquentes

À quel âge faut-il commencer à préparer sa retraite ?

Idéalement, dès que l’on dispose d’une capacité d’épargne. Au plus tard, vers 45 ans : c’est l’âge à partir duquel vous pouvez demander un entretien information retraite. En effet, plus l’horizon est long, plus l’effort mensuel nécessaire est faible.

Le simulateur officiel suffit-il pour connaître ma future pension ?

Il donne une estimation fiable à législation constante, à condition que votre relevé de carrière soit complet. En revanche, il ne tient pas compte de votre épargne, de votre fiscalité ni de vos charges futures. C’est justement l’objet d’un bilan patrimonial complet.

Le PER est-il adapté à tout le monde ?

Non. Son intérêt dépend notamment de votre taux marginal d’imposition, aujourd’hui et à la retraite. Il dépend aussi de votre besoin de disponibilité de l’épargne. Il doit donc s’inscrire dans une stratégie d’ensemble.

Anticiper pour profiter pleinement de votre temps libre

La retraite doit rester un projet de vie, pas une contrainte financière. En chiffrant tôt votre taux de remplacement, vous transformez une inquiétude en objectif mesurable. Vous pouvez ensuite l’atteindre étape par étape. Le cabinet accompagne les habitants de Toulouse, Blagnac et de la Haute-Garonne dans cette démarche. Par ailleurs, les membres de l’Airbus Seniors Club peuvent retrouver nos services sur la page Airbus Seniors Club.

Vous souhaitez savoir combien vous percevrez réellement à la retraite ? Prenez rendez-vous ou demandez votre étude : nous chiffrons ensemble l’écart et les solutions possibles. Vous pouvez aussi nous joindre au 05 62 86 46 80.

Sources officielles : Code de la sécurité sociale, article L. 161-17 (Légifrance) ; Comité de suivi des retraites, avis 2025 (info.gouv.fr) ; CGI, article 163 quatervicies (Légifrance).

Article à caractère informatif, ne constituant pas un conseil personnalisé. Ovalie Consulting – Conseiller en Investissements Financiers, ORIAS n° 12068927.

Frédéric Fernandez, président d'Ovalie Consulting, conseiller en gestion de patrimoine à Blagnac

À propos de l’auteur

Président d’Ovalie Consulting à Blagnac. En activité dans le conseil patrimonial depuis 1984, il accompagne particuliers, chefs d’entreprise et retraités de Toulouse et de la Haute-Garonne sur la retraite, la fiscalité, les placements et la transmission.

Statuts actuels du cabinet : Conseiller en Investissements Financiers membre de l’ANACOFI-CIF · courtier en assurance · ORIAS n° 12068927 · partenaire agréé par l’Airbus Seniors Club

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